26 septembre 2017

Ces deux là

     Ces deux là,

  Jamais au grand jamais, ne devaient se rencontrer.

     Elle, sentimentale au possible, bien mariée au début mais cinquante longues années de vie commune, des enfants, des petits enfants émoussent à la longue les grands sentiments. Elle assumait sa sensualité, toujours présente, de la manière qu'elle pouvait. Comme elle était encore fort belle,les hommages ne devaient pas lui manquer. Mais bien entendu, la prudence s'imposait toujours; on ne détruit pas une vie bien organisée pour une amourette incertaine. Et là, je vais citer Jacques Brel : "Il faut bien que le corps exulte".

     Elle se dispersait un peu, d'une activité à l'autre, en fonction de ses coups de coeur passagers. Mais l'amour, oui, le vrai et grand amour, elle ne le connaissait plus. Depuis longtemps.

     Elle était heureuse, plus ou moins.

     Lui, jamais on ne vît un pareil rêveur... Jamais son pauvre esprit ne trouvait le repos, il rêvait tout le temps; il travaillait, il rêvait. Il faisait des courses, il révait.Il discutait des prochaines élections, il rêvait. La nuit venue, ses rêves l'empèchaient de dormir.

     Il avait aimé, beaucoup, trop. Et il disait, comme Gabin :"Je sais". Mais il ne savait rien de rien.Et il annonçait cela comme on lève un drapeau pour aller à la guerre. Il annonçait cela pour éviter la guerre, car ça, il savait vraiment.

     Et les deux là se rencontrèrent, allez savoir pourquoi. Oh non, pas dans un bistro, pas un supermarché, rien de tout cela, pour la simple et bonne raison qu'ils vivaient à sept ou huit cent kilomètres l'un de l'autre.

     Je vous dit ça mais en réalité je n'en sais rien, ça n'a aucune importance car l'espace ne compte pas pour les réseaux sociaux, comme ils disent. Un site qui tentait de faire de l'humour, (non, pas de mauvais jeu de mots). Ils se sont rencontrés sur les réseaux sociaux, vous disais-je, mais non, vous n'y êtes pas du tout: Ils se sont tamponnés, comme au supermarché, comme dans la file d'un ciné... Et puis, l'un a dragué l'autre, on ne sait plus lequel, tranquillement, comme il aurait convenu à des gens de leur age, en tenant compte de leur savoir vivre et des belles manières de notre société. Mais là encore nous nous trompons. Je n'exagère pas quand je dis qu'il se sont tamponnés. Ils se sont enlacés, comme dans la chanson de Piaf, la Foule. Mais Piaf n'avait pas connu les réseaux sociaux. Et ils ne se sont plus quittés, virtuellement, j'entend. Il avait peur que la guerre recommence, elle avait besoin d'être aimée. Leur relation continua, tant bien que mal, mais on devinait chez eux, le manque d'eux. Il s'aimaient tant (comme les Amants de Saint Jean) mais...virtuellement. L'un ou l'autre doutait, parfois mais alors, c'était l'autre qui allait le secourir. Assurément, ces deux là s'aimaient.

     Mais le temps passait et rien ne changeait, ajoutant à leur frustration, et ils se posaient des questions, beaucoup de questions. Il en venaient même à penser qu'ils s'étaient trompés. 

     Un beau matin, comme à son habitude, elle avait regardé ses messages et il en est un qui la fît bondir. "Je suis dans tel hôtel, à vingt kilomètres de chez toi, tu viens quand tu peux".

     L'air cessa de couler dans ses poumons, les battements de son coeur cessèrent, comme un balancier sans énergie. Elle n'y croyait pas, c'était impossible, ce mec là voudrait la détruire qu'il ne s'y prendrait pas autrement.

     Je peux vous assurer qu'elle ne fût pas longue à se préparer. La voiture démarra au quart de tour et elle arriva plus vite encore qu'il n'était possible;  Plus vite encore qu'il n'avait prévu; le gros bêta était encore au lit. Que croyez-vous qu'elle fît , Sans aucune hésitation elle se dévêtit et le rejoignît dans un grand éclat de rire et de gourmandise.

     Bien entendu, vous n'avez pas lu jusqu'ici sans vouloir connaître la fin. Ben non, ça n' est pas la fin puiqu'ils sont toujours ensemble, dix ans plus tard, et pour longemps encore.

     Je ne sais vraiment pas pourquoi je vous raconte tout ça.

                                        Rogerson

  

 

 

 

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26 juillet 2017

Annie et le Chibani

   Assise à la terrasse d'un café, elle ne voyait pas ce qu'il se passait autour d'elle, perdue dans une introspection trop profonde. Elle n'arrivait pas à mettre en ordre les bribes de sa vie , tant elle lui semblait décousue. Elle se demandait si le semblant de bonheur dans lequel elle évoluait n'était pas trop cher payé.

   Elle ne remarquât pas qu'un homme venait de s'asseoir à une table voisine de la sienne. Un homme âgé, très âgé certainement, mais de son regard semblait rayonner une énergie, une vivacité, mais aussi  une certaine douceur. Le vieux s'adressa à elle d'une voix grave mais  douce : " Puis-je m'asseoir à votre table ? " 

   Pas un instant elle ne songea à refuser et elle lui rendit son sourire, difficilement. Aussitôt près d'elle il lui prit une main qu'elle ne put retenir. Cet homme avait un ascendant incroyable sur elle.  Elle sursauta quand il lui dit d'une voix basse qu'il savait à quoi elle pensait :

 -  Je vous connais, vous souffrez beaucoup.

 -  Comment pouvez vous dire ça ?

 -  Vous pensiez trop fort, tout à l'heure, il m'était facile de vous entendre, c'est pourquoi je me suis assis près de vous.

 -  Je n'ai pas prononcé la moindre parole, comment avez-vous pu m'entendre ?

 -  Un simple entraînement m'aurait suffit, vos pensées étaient si fortes. J'ai  entendu vos souffrances mais vous vous trompez. Vous les cultivez, ces souffrances, pour en camoufler d'autres, plus anciennes, et c'est de celles ci qu'il vous faut guérir, dans un premier temps.

 -   Mais vous êtes fou, je ne vous connais pas, taisez vous, allez vous en !

   Il tenait toujours sa main dans la sienne qu'elle ne pensait pas à lui retirer. Il la serra un peu plus fort en se levant et lui dit :

 - Venez, je peux vous aider.

   Elle se leva et le suivit... 

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22 juillet 2017

Les Demoiselles de la Mer

Elles arrivaient de Sète où elles venaient de débarquer. Je les attendais avec impatience et ma seule crainte était qu'elles ne respectent pas le rendez-vous que je leur avais fixé depuis plusieurs jours. Si tout se passait bien, un convoi spécial devait les escorter jusqu'à proximité de chez moi. A charge pour moi de les emmener à mon domicile. Elles devaient bien être une bonne centaine, ça ne serait pas une mince affaire. Il me faudrait ensuite les déshabiller, les laver une à une, les sécher soigneusement, les oindre de différentes huiles parfumées, d'épices et d'aromates soigneusement sélectionnés, afin que s'accomplisse leur destin.

Heureusement pour moi, tout se passa bien et je pus enfin faire leur connaissance. Quand je les vis, parfaitement alignées, luisant doucement dans leur costume argenté, je fus pris d'un frémissement de plaisir. Un regard fier et déterminé, je vous assure que personne n'aurait pu leur faire baisser les paupières sur leurs pupilles noires de braise.

Je fis pour chacune d'elles ce que j'avais à faire. Elles étaient apprêtées comme pour une ultime fête, un dernier bal.

Quand je les présentais à mes invités, une salve d'aplaudissements retentit, saluant leur beauté mais aussi la patience et la ténacité dont j'avais fait preuve. Tout le monde se réjouissait de manger enfin ce que je leur avais promis depuis longtemps et pourquoi je les avais réunis :

                                                          Des Sardines Grillées

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02 janvier 2017

Mon ami Rémi

   Ce type là était d'une gentillesse incroyable. Toujours prêt à rendre service, toujours attentif aux difficultés des autres. Attentif ? je suis en dessous de la réalité, il s'inquiétait même lorsqu'un souci se présentait à quelqu'un autour de lui.

   Je l'avais connu dans le cadre professionnel et je dois dire qu'une sympathie réciproque s'était installée naturellement entre nous.

   Pourtant Rémi était bizarre, vraiment bizarre, son aspect physique était dérangeant. On voyait tout de suite une anomalie mais on avait du mal à la définir; Rémi était un métis, fils d'un guadeloupéen et d'une blonde française. Habituellement, les enfants nés d'une telle filiation donnaient des personnes d'un grand charme, sinon d'une grande beauté. Rémi n'avait pas eu cette chance, il avait hérité d'un faciès de noir mais il était blond, vraiment blond, pas vraiment albinos car ses yeux étaient foncés. De plus son corps était court, disgracieux au possible. C'est grâce à sa grandeur d'âme, que ceux qui le connaissent, lui témoignaient toujours beaucoup de sympathie; et je faisait partie de ceux-là.

   Nous étions souvent appelés à travailler ensembles et je crois que c'est de l'amitié vraie qui nous liait lui et moi. Pourtant, Rémi ne parlait jamais de sa vie, sauf peut-être pour expliquer sa filiation, il en parlait comme pour s'en excuser..

   Un beau jour tout changea: Nous approchions des fêtes de Noël et mon amie était venue me rejoindre quelques jours sur le chantier; Après le moment d'observation inévitable, la sympathie s'installa aussi entre Emilenne et Rémi. Un soir, Rémi nous raconta sa vie...

   Il était tombé follement amoureux d'une très belle femme, amour à sens unique, dans un premier temps. Mais la Belle ne s'y était pas trompée longtemps. Les qualités de coeur de cet homme avaient réussi à la séduire et ils s'étaient épousés en juste noce. Quelques années de bonheur absolu mais à la longue l'ennui s'était installé. Ils avaient tout essayé pour venir à bout de cette situation mais rien n'y avait fait. Ce fut Rémi qui proposa, en désespoir de cause, de tenter l'échangisme . Il savait bien les dangers de sa proposition mais il préférait partager son épouse que la perdre complètement. La Belle hésita longtemps mais finit par accepter; Au grand désespoir du mari, elle se mit à papillonner dans d'autres bras. Deux ou trois séances après, elle lui avoua qu'elle n'aimait pas ça, qu'elle avait accepté pensant lui faire plaisir, mais c'était encore un constat d'échec. Ils reprirent leur petite vie en essayant d'oublier.

   Au cours d'un hiver très froid, la Belle fut prise de douleurs au dos qui l'anéantissaient. Médecin, bien entendu, anti-inflammatoires et  séances de massage. Au bout de quelques jours de ce traitement, un soulagement indéniable remit la Belle sur pieds. Lors d'une soirée qu'ils essayaient de rendre câline, le Belle avoua à son mari que le masseur lui plaisait bien et qu'elle aimerait bien faire l'amour avec lui. Mon brave Rémi n'eut pas à réfléchir longtemps et ils invitèrent le garçon en question chez eux. Ils n'eurent pas besoin d'insister beaucoup pour que tous les trois se retrouvent au lit, la Belle dans les bras de son amant sous les yeux du mari.Il y eut ensuite quelques autres soirées et la belle semblait y trouver son compte.

   Tout comme moi, mon ami Rémi était souvent appelé à de longs déplacements et le couple d'amants trouva beaucoup d'avantages à cette situation. Quelques temps plus tard, la belle avoua à son mari l'amour qu'elle éprouvait pour son masseur, elle voulait divorcer afin d'épouser celui-ci. Elle lui avait même demandé d'être témoin de leur mariage.

   C'est quelques temps plus tard, que Rémi, entre Emilienne et moi, nous avait tout raconté et bien entendu, nous avions participé à son désarroi. Noël approchait, chacun s'apprétait à regagner sa famille pour les fêtes de fin d'années. Rémi ne partirait pas, personne ne l'attendait; Emilienne lui avait bien proposé de venir réveillonner avec nous mais il avait refusé, s'enffermant un peu plus dans sa tristesse, sa solitude. Deux jours avant notre départ, Remi était venu boire l'apéro avec nous, comme nous le faisions de temps en temps. Nous lui avions trouvé un air inhabituel, un air qui contrastait avec celui qu'il avait ces derniers jours. Pressé de questions, il me tomba dans les bras, les yeux gonflés de larmes, de larmes de bonheur. Exhibant une lettre qu'il venait de recevoir, il nous expliqua que la Belle et son mari n'avaient pas réussi à trouver le bonheur escompté, qu'ils avaient besoin de lui, que leur amour était né alors qu'ils étaient trois et qu'ils avaient enfin compris qu'il fallait qu'il en soit ainsi. Ils avaient besoin de lui pour parfaire leur bonheur. S'il voulait bien leur pardonner, ils l'attendraient  le soir de Noël.

 C'est ainsi que j'aurais pu te décrire, mon ami Rémi, un générateur de bonheur.

                                                                  Rogerson.     

 

 

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12 décembre 2016

Portugal Fleur Bleue

 La raison d'être de ce blog est justement d'écrire ce qui nous passe par la tête. En ce moment, il est une histoire qui tourne en boucle dans mon esprit et il serait dommage de ne pas la partager avec vous.

 Elle me fut confiée il y a fort longtemps par le protagoniste lui même pour qui je jouais un peu le rôle de confident.. Des dizaines d'années ont passé et je ne pense pas le trahir en vous la racontant.

 Cela se passe il y a quarante cinq ans et le garçon en question en avait vingt cinq.

 Il travaille en déplacement dans uns charmante petite ville du nom de Mandres les Roses. Un chantier de près de quatre mois pour une équipe de trois ou quatre personnes, selon les moments. Ils logent dans un pavillon que leur prête l'industriel qui les emploie. D'autre pavillons servent à loger son propre personnel, en grande majorité portugais. Dans le pavillon voisin se trouve un couple avec qui les garçons entretiennent les meilleures relations. Ce couple, sans enfant, accueille pour les vacances scolaires une nièce de quinze ans qui vient du Portugal pour parfaire son français.

Généralement, ce garçon reste seul les week-end car ses collègues rentrent dans leur familles, ce qui n'est pas son cas car personne ne l'attend chez lui. Il n'est pas rare que ses très sympathiques voisins l'invitent à boire l'apéritif le samedi soir ou le dimanche à midi. Le dimanche, ce sont eux qui lui préparent les repas, le traiteur qui les livre dans la semaine étant fermé.

 La jeune nièce recherche le contact de ces garçons car elle ne parle pas beaucoup le français dans sa communauté. Et bientôt, une véritable sympathie s'installe entre eux, elle vient souvent les voir le soir, après leur journée de travaille pour discuter de tout et de rien.

Le vendredi soir est différent car notre garçon se retrouve seul et la jeune fille se fait beaucoup plus câline, elle ne manque pas une occasion de lui faire un bisou ou une caresse. Il m'avouera qu'il était toujours troublé par son comportement car il faut bien le dire, cette fille est belle comme le jour.

 Tout cela tourne un peu au jeu, pour leur plus grand plaisir, mais le garçon garde la tête froide à cause de leur différence d'age.

 Bref, un vendredis soir, certainement le dernier car elle doit rentrer chez elle, elle lui demande ce qu'il fait le lendemain. "J'avais prévu d'aller à Thoiry visiter une réserve africaine d'animaux en liberté", dit-il.

 Elle décide tout de go de venir avec lui et court en demander l'autorisation à sa tante.

 Tôt le lendemain, les voila partis vers cette réserve africaine. Elle est heureuse et lui communique sa bonne humeur, elle multiplie les gestes affectueux et il a du mal à tempérer son excitation. Enfin arrivés, ils prennent place dans un minibus qui leur fait visiter cette réserve, peuplée d'animaux en liberté, tous plus dangereux les uns que les autres.

 Assise à coté de lui, elle se penche souvent par dessus ses genoux pour mieux voir, en lui demandant de la tenir car elle a très peur.

 Il se demandera plus tard comment les choses sont arrivées, mais elle s'est retrouvée assise sur ses genoux, sa bouche contre la sienne, et lui, la tenant contre son corps, lui prodiguant des caresses qu'il regrette aussitôt, les sens en marmelade. Toute la journée se passe ainsi, en baisers et en caresses dont elle est insatiable. Il la ramène le soir alors que la culpabilité doit se lire sur son visage et que la fille a les joues un peu plus rouges que d'habitude.

 Le lendemain, c'est elle qui lui apporte le repas de midi préparé par sa tante. Aussitôt à l'interieur, elle pose le plateau et se colle contre lui pour un baiser à n'en plus finir. Elle lui dit ensuite qu'elle doit manger avec ses parents, mais que ceux-ci devant s'absenter, elle viendra le voir dans l'après-midi. Elle ne l'écoute même pas quand il essaie de l'en dissuader et disparaît dans un envol de sa courte jupette.

 Deux heures plus tard, elle se faufile par une porte fenêtre entre-ouverte et, sans demander son avis, elle se jette sur lui alors qu'il somnole avec un livre qu'il essaie de lire. Elle commence à l'embrasser le caresser sans qu'il puisse la repousser. Son envie d'elle est au moins aussi forte que la sienne mais il ne fait pas les gestes qu'elle attend. il la berce un long moment dans ses bras, lui explique qu'il es trop âgé pour elle, et mentant un peu, il lui dit qu'il a une promise qui l'attend dans sa région. Elle l'embrasse encore mais ses paupières humides se ferment et elle s's'assoupit dans ses bras. Un peu plus tard, il la raccompagne chez elle et la quitte après une nouvelle séance de baisers.

 Il ne se revoient plus que furtivement, le travail recommence pour lui et elle doit rentrer au Portugal dans la semaine.

 Il pensera longtemps à elle, sans savoir ce qu'il regrettait le plus; ce qu'il avait eu la faiblesse de faire, ou le courage qui lui avait manqué de faire ce qu'il aurait dû;

 Que sont-ils devenus aujourd'hui, se reconnaîtraient-ils dans leur petite histoire ?

 Allez savoir....

 

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12 juillet 2016

Qui a Inventé la Poudre ?

Trop bête comme question, on la poserait aux quatre coins du monde qu'on aurait près de cent pour cent de réponses justes. Et on se tromperait grandement, à mon avis.

Vous ai-je précisé la poudre à canon ? Si dangereuse que très peu de personnes en ont seulement vu le moindre grain. La poudre à éternuer qui disparaît de l'étal de nos bazars. La poudre d'escampette que tout le monde utilise mais qui ne se montre jamais, et pour cause. La poudre aux yeux, qui remplit les poches de nos hommes politiques afin qu'ils nous la déversent à satiété pour nous aveugler. La poudre arrêt curé dont on devrait se servir plus souvent. Bref, la liste serait trop longue pour toutes les énumérer et l'espace me manquerait dans le cadre de ce blog, l'espace et l'inspiration. Je voulais juste vous dire qu'une réponse à une question incomplète est forcément une réponse fausse.

Mon projet ici était de vous parler des Épices en poudre.

La réponse à cette question précise ne sera jamais juste, tant elle est vaste. Je pense que chaque société, chaque culture a inventé sa poudre. Tout un chacun dans ce monde est susceptible d'inventer sa poudre.  Pour les épices l'idée première, par exemple, découlerait d'un grain de poivre écrasé entre deux molaires, brûlant les papilles alentour. Un grain de cumin, coincé entre les dents, qu'on n'arrive pas à déloger... Voici qui justifie le mortier et le pilon. Où ces ustensiles ont-ils été inventés et par qui ? Bien des scientifiques devront se pencher sur cette question pas si évidente qu'elle ne paraissait dans l'intitulé de mon article.

Mais ce n'est pas là que je voulais vous emmener.

Pour moi le poivre était du poivre, de la poudre de poivre. Jusqu'à que j'en parle à un copain de collège qui était fils de boucher-charcutier. Il aidait son père pour la fabrication du saucisson. Il malaxait la viande à la main et devait écraser les grains de poivre entre ses paumes. Je vous mets au défi d'essayer. Maintenant des machines font ça très bien. Mais le saucisson a-t'il le même goût, rien n'est moins sûr ; alors pourquoi aurait-on réinventé le saucisson à l'ancienne ? Mais là, je m'égare encore une fois...

Pour en revenir à ma question, et sans que cela soit une certitude, il est probable que chaque société ait inventé, en son temps, sa poudre d'épice. Et que chaque individu est susceptible d'inventer la sienne avant d'être lui même... réduit en poudre.

Hasta Luego.

 

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